Abécédaire du débat numérique

Auteur  : Jean Sallantin

Illustratrice : Sylvaine Jenny

Les vertus du débat sont de : transformer, nuancer, enrichir, construire une pensée en permettant aux interlocuteurs de passer de l’opinion -croyance ou  préjugé- à l’idée – le point de vue fondé en raison.

 

Dans un débat, tous doivent avoir la possibilité de parler et d’être écoutés. Qu’ils soient des collégiens, lycéens, étudiants et des parties prenantes scientifiques, techniciens, administratifs, politiques, citoyens, juristes…

Les participants à un débat manifestent des émotions et émettent des raisons.

Le débat numérique est un débat mené avec des communications numériques qui augmentent le nombre des interactions par la capacité d’intervenir à distance et de manière asynchrone. Il s’agit ici de concevoir  un débat numérique qui conforte les vertus du débat.

Il y a un besoin d’outils de débats de qualité pour les consultations, les concertations publiques aux différentes échelles nationales, régionales, communales. Ces outils  numériques doivent construire la confiance  des participants, les prémunir contre de des nombreuses formes de manipulations pour que  le pluralisme s’exprime et que naisse et s’enrichisse une intelligence  collective.

L’invitation au débat

 

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Un débat est ouvert à tous.

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Pour participer à un débat, il faut y avoir sa chaise.

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Des idées à distinguer  des infox.

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que diffusent des  trolls prenant place dans le débat

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pour  gêner le développement du débat.

 

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Des idées  naissent lors  d’un débat

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et progressent  en se confrontant aux idées des autres et à celles confirmées ou à confirmer.

apprentissage

Le débat donne l’occasion pour chacun d’apprendre de l’autre

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Et de prendre du recul sur ses positions

La qualité d’un débat dépend d’une charte qui régule le comportement des participants et d’un manifeste qui restitue à tous le contenu du débat.

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Une charte marque l’accord des participants et les protège des aléas et défaillances.

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Un manifeste  consigne le contenu du débat et le restitue dans une forme en permettant son analyse et sa poursuite.

 

extension

 

Moyennant une charte et un manifeste, le jeu du débat enrichit une intelligence individuelle

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et collective  quand il s’agit d’aller vers une société plus humaine.

L’étude de la phénoménologie des débats numériques relève à la fois du domaine des sciences humaines (sociologie, psychologie, sémiotique, pédagogie, linguistique, politique..), des sciences exactes (logique, mathématique, informatique …), tout autant que de la philosophie.

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La réalisation de débats de qualité

Encadrer le comportement des participants par une charte

Une charte régule les comportements des participants, parties prenantes, animateurs, observateurs d’un débat. Sa rédaction doit tenir compte des recommandations des  participants.

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Les parties prenantes

Les scientifiques, techniciens, administratifs, politiques, citoyens, juristes sont des parties prenantes aux débats concernant un bien commun. Une partie prenante à la capacité de prouver ou d’infirmer des énoncés.

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Les parties prenantes  disposent  chacune de mécanismes de preuves leur permettant de s’entendre pour déclarer des idées comme confirmées ou à confirmer.

Les comportements égoïstes/altruistes

Les parties prenantes ont des comportements  égoïstes et altruistes :

  • Citoyen, politique, scientifique, technicien, administrateur, juriste  ont des comportements altruistes et défendent le bien commun.
  • Individualiste, politicien,  scientifiste,  technocrate, administratif, légaliste ont des comportements égoïstes et ils agissent pour défendre un intérêt privé.

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 Les parties prenantes d’un débat peuvent défendre soit des biens communs ou des intérêts privés.

Les recommandations pour une charte du débat numérique

Pour être de qualité, un débat particulier est assujéti  à une charte particulière répondant à des considérations générales :

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  1. Assurer la confiance : être entendu et écouté, s’exprimer sans crainte, choisir le modérateur
  2. Réguler les interventions dans le débat et en décrire la production
  3. Produire des sujets de débats adaptés aux participants
  4. Assurer la co-construction d’idées et de décisions transparentes
  5. Assurer que le principe de la contradiction dévoile les désaccords
  6. Prendre du recul sur ses croyances et ses instincts
  7. Ne pas créer un cloisonnement entre participants et parties prenantes 
  8. Eviter que le débat nous fasse crocheter par le grand NumériK
  9. Eviter que le débat ne soit qu’une opération de communication pour un acteur
  10. Eviter que le débat soit un simple déversoir aux passions
  11. Commencer la démocratie sociale dès le lycée,
  12. Informer les participants sur la façon dont leur intervention prépare la décision

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Informer les participants sur la façon dont leur intervention prépare la décision

https://dialoguea.fr/#/debat/595de19b2cabe90c83248ece

Encadrer la restitution  des débats par un manifeste.

Historiquement en  transport, un manifeste est  la déclaration de la cargaison d’un cargo pour les douanes.

En informatique, un manifeste est un standard pour décrire  comment est organisé  un ensemble de textes et de vidéos concernant, par exemple, une même compétition sportive. Il s’agit d’en permettre des montages particuliers, comme des zooms sur un moment particulier intéressant pour un observateur.

 

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Le manifeste comme standard informatique

Le manifeste  d’un débat numérique décrit le contenu du débat afin d’en permettre sa compréhension et sa poursuite. Le contenu du débat est composé d’ensemble d’enregistrements structurés selon différents : moments,  angles d’attaques, thèmes, thèses controverses, publics, lieux,….

Le manifeste du débat numérique  doit instaurer les conditions d’un débat permanent. C’est un peu comme si on permettait au public de participer au match sur la pelouse.

Manifestation/Représentation des débats

Les participants réagissent aux manifestations des représentations en produisant de nouvelles représentations.

  • Les représentations sont des formes d’enregistrements : écrits ou vidéos
  • Les manifestations sont des perceptions par nos sens des représentations.

Un manifeste est adéquat quand :

  • Les manifestations se trouvent partiellement décrites par les représentations
  • Les représentations engendrent librement les manifestations possibles.

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Adéquation d’un manifeste

Adéquation ontologique d’un débat

Un débat  a une adéquation ontologique quand il incite les participants à entrer dans le débat en déclarant possibles d’autres manifestations et en suscitant d’autres représentations.

  • Une représentation potentialise des manifestations des participants.
    • Si cela se représente ainsi   alors on devrait voir se manifester cela
  • Des manifestions des participants réactualisent  des représentations du débat.
    • Si cela se manifeste  ainsi alors on devrait modifier cette représentation.

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L’actualisation et la potentialisation menées par les participants  font vivre le débat.

La qualité d’un débat dépend ainsi d’une charte qui garantisse aux participants  leur droit et d’un manifeste qui déclare le contenu du débat et les conditions de son accès.

La logique des arguments

La dynamique d’un débat est portée  par les oppositions logiques entre arguments et en particulier lors des controverses.

La charge de la preuve revient aux parties prenantes. Les controverses entre parties prenantes portent sur des arguments à confirmer.

  • Les participants expriment des opinions.
  • Les parties prenantes prouvent certains arguments.
  • Les arguments prouvés par une partie prenante peuvent être confirmés ou à confirmer pour une  seconde partie prenante.

Pour/contre/discutable

Lors d’un débat, les participants profèrent des opinions pour / contre /discutable sur des propos des autres. Entre les opinions, il y a des relations logiques qui gèrent en particulier les oppositions entre jugements.

  • Ceux qui sont  pour une annotation s’opposent à ceux qui sont pas pour.
  • Ceux qui sont contre s’opposent à ceux qui  sont pas contre.
  • Ceux qui sont contre ne sont pas pour.
  • Ceux qui sont pour ne sont pas contre.
  • Ceux qui l’estiment discutable  ne sont pas pas pour et pas contre.  

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Cet hexagone organise les opinions des participants au débat.

Pour en savoir plus  sur les aspects logiques :

Prouvé/Réfuté/discutable

Les parties prenantes sont des groupes particuliers de participants qui partagent  des formes de preuve et de réfutation. Ils profèrent des arguments.

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Cet hexagone organise les jugements d’une partie prenante au débat

Il existe  deux  formes de preuves :

  • des preuves empiriques qui portent sur les propriétés des choses,
  • des preuves formelles  ou démonstration qui portent sur les propriétés des énoncés.

Confirmé/A confirmer/Silence

Les parties prenantes d’un débat sont  les scientifiques, les politiques, les citoyens, les administrateurs, les techniciens, les juristes. Ils proposent des jugements sur des arguments. Selon qu’ils sont entre eux d’accord ou pas, ils déclarent conjointement certains énoncés comme  confirmés ou à confirmer.

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Le rôle des parties prenantes est de confirmer ou de déclarer à confirmer des hypothèses, théories, croyances, données….

La confirmation, la non confirmation d’un énoncé se formalisent en logique à partir du moment où l’on distingue différentes formes de preuve pouvant porter sur un même énoncé.

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 Les hypostases servent à indexer la nature de débats concernant des arguments (confirmés ou à confirmer) pour des parties prenantes

Un principe, un problème, un postulat, une donnée, un objet, une méthode…sont des types d’hypostases employés pour caractériser la nature d’un débat sur un argument.

Dans les débats scientifiques, les scientifiques débattent de la confirmation ou de la non confirmation d’un énoncé en tant que :

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Les hypostases typent les formes de confirmation d’un énoncé.

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Une hypostase est un type de résultat confirmé ou à confirmer.

Les conflits d’intérêt  se signalent quand des parties prenantes s’allient frauduleusement pour confirmer ou pour déclarer à confirmer une idée.

Adéquation épistémique d’un débat scientifique

En Sciences, les  instruments scientifiques servent à faire se manifester des propriétés des choses et les méthodes mathématiques servent à démontrer des propriétés formelles. Les débats portent sur la confirmation de résultats publiés dans les revues scientifiques.

Il y a au moins deux sortes de confirmations scientifiques de résultats recherchées :

  • que sa preuve empirique  implique une preuve formelle
  • que sa preuve formelle implique une preuve empirique.

Les physiciens ont  ainsi attendu près d’un siècle la confirmation de la théorie d’Einstein sur les ondes de gravitation.

La notion de manifestation porte ici sur les  propriétés des choses de la nature et celle de représentation sur les propriétés de leurs formalisations.

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Le débat scientifique potentialise des propriétés de la nature que vont confirmer des expériences. Le débat scientifique actualise des représentations invalidées par des expériences.

Le processus d’intelligence collective des  sciences met en évidence la puissance des formalismes mathématiques et celui des dispositifs expérimentaux pour en dévoiler les propriétés potentielles de la matière, du vivant, de la pensée.

Les débats sciences sociétés sont essentiels à notre époque tant la science intervient comme partie prenante dans les prises de décisions sur la vie économique et sociale.

Mais la société peut-elle, comme le font les scientifiques, déclarer confirmé ou à confirmer un énoncé en le typant par une hypostase? par exemple en le déclarant être une loi?

Quelles seraient  alors les preuves produites par la société?

Comme le font les économistes, on pourrait imaginer que la société constitue par soi-même un dispositif de preuve  et de réfutation  des manifestations et des représentations pour l’homme de ce qu’il a créé.

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La société est en elle-même  un dispositif de preuve et de réfutation dont la base est l’échange d’arguments

Dans les débats actuels, la société revendique le droit de défendre la permanence  (l’impermanence) de l’état de choses la concernant ; c’est le cas par exemple pour la procréation assistée médicalement, c’est celui de la biodiversité, de la lutte contre mal-bouffe… Elle revendique  aussi le droit de défendre un ordre naturel (l’opposé du hasard) : c’est encore le cas pour la procréation et  c’est ce qui justifient les croyances religieuses sur l’origine du monde.

Ces preuves de permanence et d’ordre sont impossibles à faire en sciences. C’est ainsi que seule l’impermanence d’une propriété d’une chose se prouve expérimentalement ; on ne peut pas prouver expérimentalement que « tout homme est mortel ».  Par ailleurs, ce qui se prouve formellement n’est pas dû au hasard ; par exemple, on ne prouve pas formellement les bugs informatiques que débusquent les usages massifs.

L’origine de l’ordre de l’univers est l’affaire des philosophes et des théologiens et ne se prouve pas formellement en science.

Pour les juristes, l’ordre et la permanence de la société est l’affaire des lois  et la société est le cadre dans lequel les lois se font et évoluent.

CONCLUSION

Les débats publics  de qualité sont essentiels pour notre devenir. Comme ils existent déjà en sciences, nous avons ainsi un guide pour les développer pour les questions concernant la démocratie dans des contextes particuliers, un lycée, une université, une entreprise, une discipline scientifique….

Tous ces débats numériques ne  seront de qualité que s’ils se donnent une charte et un manifeste. C’est un prérequis  pour établir la confiance des participants et pour donner à l’ensemble des débats une dynamique d’amélioration qui resurgira sur la société.

Il y a donc une recherche empirique et une recherche formelle sur la nature du débat comme méthode de résolution de problème que développeront les annexes.

 

 

Annexes 

Débats mouvants

Dans des débats en présence, la charte des débats mouvants consiste à demander aux participants de prendre des emplacements physiques qui indiquent  leur positionnement intellectuel et de changer de place quand leur jugement a été modifié par les arguments des autres participants. On demande à ceux qui ne participent pas de se taire. Chacun peut entrer dans le jeu quand il veut.

Le débat ayant eu lieu  en janvier 2014 à Rochebrune  était un débat mouvant ayant pour thème : l’innovation vient–elle de l’interdisciplinarité ou du renforcement des disciplines fondamentales ?

Le débat  Math&musique de Montpellier avait pour thème : faut il comprendre la musique pour l’apprécier?

 

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Légende : un débat mouvant montre le cheminement des pensées par le mouvement des idées.

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Légende : un débat mouvant (pour, contre) chacun tente d’attirer les autres par ses arguments.

Le débat ayant eu lieu  en janvier 2014 à Rochebrune  était un débat mouvant ayant pour thème : l’innovation vient–elle de l’interdisciplinarité ou du renforcement des disciplines fondamentales ?

 

Animateurs

Les animateurs interviennent sur le débat pour l’initier, le relancer  le modérer, le faciliter. Ils n’interviennent pas dans le débat. Comme les arbitres de sport, ils  se servent de  signaux convenus pour intervenir sur le débat. Ils disposent des outils des réseaux sociaux pour notifier leurs interventions.

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Légende : les animateurs associent à des arguments une icône  :  nouvelle idée, troll, infox, à recadrer, à encadrer, à illustrer, mal reformulé.

 

Formaliser la pensée

 

 

Des articles de wikipedia contribuent à définir des usages de ces notions.

Pour ceux qui veulent s’investir  :

 Pamphlet : Infox et troll

Véronique Pinet, professeur de philosophie,  dresse le portrait de douze comportements, de parties prenantes :

Légende : L’individualiste, le politicien, le scientifiste, le technocrate, l’administratif  légaliste sont des trolls empêchant la confirmation des idées. Ils peuvent se coaliser pour produire des infox.

L’individualiste n’est occupé que de lui-même et de ses proches, spontanément enclin à opposer l’intérêt général à l’intérêt privé.

Le citoyen sait qu’il est un être social dont la vie et le bien vivre dépendent aussi des autres membres de la collectivité et, qu’à long terme au moins, l’intérêt privé est servi par l’intérêt général.

Le politicien vise le pouvoir et l’exercice sans partage de sa volonté individuelle.

Le politique vise l’intérêt général et met sa volonté au service de la volonté générale.

Le politicien entretient l’opacité et le secret.

Le politique se fait un devoir de garantir la transparence de la res publica en ouvrant les débats et les dossiers, afin que chaque citoyen puisse jouer son rôle.

Le scientifiste garde jalousement ses connaissances pour s’assurer une domination sur des individus béatement admiratifs

Le scientifique met son savoir à disposition des citoyens parce que le savoir n’a de sens que s’il est partagé pour permettre les choix éclairés

Le scientifiste jargonne pour être sûr de ne s’adresser qu’à des pairs capables de comprendre la profondeur de ses points de vue.

Le scientifique s’efforce de rendre son propos clair et accessible parce qu’il ne considère pas les citoyens comme des déficients intellectuels indignes de ses connaissances.

Le technocrate se gargarise de théories et accumule avec application des colonnes de chiffres.

Le technicien s’efforce de ne pas oublier qu’au-delà des abstractions se trouvent les hommes.

Dans l’univers désincarné des technocrates, les espoirs et les angoisses des hommes ne sont que des aléas aisément dissimulables sous une cascade de verbiage.

Les techniciens ne sont pas des machines à appliquer des ordres, ils ne se coupent pas de la réalité sociale, ils entendent les requêtes des citoyens et ils adaptent les solutions aux changements.

L’administratif servile, obéit à la logique des formulaires et des intérêts hiérarchiques.

L’administrateur règle la vie de la collectivité avec humilité et humanité.

L’administratif gère des dossiers et des contraintes budgétaires dont la gravité et la nécessité ne peuvent qu’échapper au peuple immature.

L’administrateur s’occupe des membres de la société et redistribue les moyens en fonction des priorités décidées par les citoyens

Le légaliste sacralise l’institution et se fait le thuriféraire consciencieux du dogme.

Le juriste, contre l’inégalité économique et sociale, construit un cadre réglementaire valable pour tous.

Le légaliste s’abrite pompeusement derrière la sacro-sainte légalité pour justifier les injustices et les abus ;

Le juriste n’est pas un pragmatique amoral, il est le garant d’une droiture (qui n’est pas une rigidité).

Politiciens, scientifistes et légalistes s’acoquinent pour régner sur les citoyens.

Politiques, scientifiques et juristes se consultent pour gérer au mieux les problèmes sociétaux avec les citoyens.

Individualistes, administratif et technocrates se détournent du collectif pour ériger leur petite sphère privée en univers.

Citoyens, administrateurs et techniciens s’émancipent de l’égocentrisme en prenant la mesure de la nature générale des problèmes qu’ils affrontent et en cherchant ensemble des solutions avisées et efficaces pour tous.

Loi d’échelle des  débats sur les réseaux sociaux

Lors d’un débat, des participants en petit nombre initient un débat et ceux qui exposent des arguments sont moins nombreux que tous ceux qui ne formulent pas d’opinions.

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Légende : une loi d’échelle pour un débat comportant deux thèmes avec deux initiateurs, des participants et au moins 12 observateurs .

La distribution des participants vérifie une loi d’échelle. Celle-ci fixe des ordres de grandeur. Pour une loi d’échelle 90/9/1 :  quand  UN l’initie,  DIX participent et CENT observent. Cette règle s’observe quand les groupes sont supérieurs  à 12 personnes.

L’expérimentation symphonie planétaire illustre le fonctionnement d’une loi d’échelle lors de laquelle 3000 participants se divisent en initiateurs, ambassadeurs et auditeurs.

L’expérimentation Moustic09 illustre également le fonctionnement d’une loi d’échelle (300 invités, 40 observateurs aux débats, 1 participant).  Observons qu’un débat donne lieu à plusieurs sous-débats en parallèle. Le nombre de participants augmentent sans pour autant nécessairement changer la nature de la loi d’échelle. A Moustic 09, il y a eu deux ateliers  ayant chaque fois 10 participants différents.

On peut imaginer que des débats poussent en buissons, en arbustes selon leurs lois d’échelle.  L’objectif du débat numérique démocratique est d’éviter que le débat se développe une jungle  sous l’influence incontrôlée des réseaux sociaux.

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Légende : jungle des réseaux sociaux  abritant des trolls et des fakes.

Pour en savoir plus :

wikipedia  : Aspects  sociologique, mathématique, économique de la loi d’échelle des réseaux sont très bien documentés.

Idéosphère

La phénoménologie du débat numérique le situe  dans l’idéosphère.

L’idéosphère est constituée des manifestations (pour l’homme) de ce qu’il n’a pas créé, des représentations que l’homme se fait de ce qu’il n’a pas créé et de ses propres créations (qui se manifestent aussi et dont il a des représentations). 

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Légende  : L’idéosphère consiste en tout qui concerne l’homme en tant que sujet c’est à dire en tant qu’il n’est pas seulement un être vivant mais également un être pensant.  

L’homme est un être pensant parce qu’il est pourvu d’une conscience réfléchie c’est-à-dire qu’il a la capacité de savoir qu’il éprouve des sensations et des sentiments et qu’il pense. Cette conscience lui permet d’objectiver, c’est-à-dire de prendre comme objet de conscience, le monde et de s’objectiver. Ainsi, il est à la fois dans et devant le monde et son devenir par la médiation de sa conscience réfléchie.

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Légende : comment penser  ce qui est permanent, et les causes invisibles?

Contemplant le monde et lui-même, il s’interroge essentiellement sur les explications (causes et origines), la fonction et la finalité de ce qu’il voit. Il devient alors un être cognitif qui répond aux questions qu’il s’est posées sur les phénomènes naturels et sur ses propres comportements et engendre, de ce fait, le vaste domaine de la connaissance incluant de multiples domaines culturels, religieux, technologiques et scientifiques, philosophiques, politiques et juridiques.

Technosphère

Il est ainsi face aux conséquence de ses créations techniques capables d’influencer la chimie de la terre via la pollution et le réchauffement climatique. Il est aussi face aux conséquences de ses techniques sur la bio diversité  de la biosphère via les mutations génétiques et la pêche industrielle et l’agro-foresterie. Il est aussi face aux influences des technologies numériques sur nos propres comportements.

La technosphère sert pour les humains de miroir rationnel à l’idéosphère. Les dispositifs techniques  de la technosphère permettent de contempler dans toutes  leurs dimensions les plus petites et  les plus grandes les manifestations de l’univers et ses propres comportements.

Authentification de la créativité

L’activité économique de la société du numérique se cristallise autour des innovations. Il faut donc rechercher et trouver comment assurer une protection de la créativité individuelle afin d’en assurer la participation au dynamisme économique.

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Le notaire, ou un autre agent public, attesterait de l’identité du déposant, de sa volonté de protection. Il informerait le déposant de ses droits et obligations. Cependant cet agent ne pourrait pas attester que le déposant est bien l’inventeur de l’idée et de l’intérêt de l’invention. Seule une autorité déclarée (par exemple, un comité de thèse) permettrait cela ! On peut imaginer un dépôt simplifié de la créativité sans certification et donc sans coût par un dépôt quasi dématérialisé (pour encourager la créativité de tous).

On peut ensuite imaginer un dépôt en présence du notaire (dépôt simplifié) en vue de protéger une petite idée à exploiter. On peut ensuite imaginer une visite notariale au laboratoire récurrente afin de faire attester par une autorité compétente du niveau de qualification de l’idée.

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Ce dépôt entraînerait une formalité de publication par le notaire sur un fichier ouvert ou non au public (ce fichier étant destiné à assurer un minimum de révélation sur la créativité répertoriée). C’est la tenue de ce fichier (peut-être) « de droit immatériel  » qui constituerait une délégation de service public. Un autre critère devrait aussi être mis en place : celui du secret (curseur à faire varier entre secret et transparence : ex pour une œuvre artistique peu de secret alors que pour un futur brevet sensible il faudra un grand secret)!