Abécédaire du débat numérique

Auteur  : Jean Sallantin

Illustratrice : Sylvaine Jenny

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Pour participer à un débat, il faut y avoir sa chaise.

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Des idées à distinguer  des infox.

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que diffusent des  trolls prenant place dans le débat

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pour  gêner le développement d’une intelligence collective.

 

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Chacun doit  avoir la puissance de penser et la liberté  de soumettre une idée et d’actualiser sa pensée sous l’influence positive de la pensée des autres et ainsi de participer à la production de la connaissance commune.

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Une charte doit réguler les comportements des parties prenantes, participants et animateurs d’un débat pour que le jeu puisse s’épanouir, que les idées jaillissent et soient authentifiées, que les trolls et les infox soient démasquées.

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Un manifeste restitue le débat pour qu’il puisse être rejoué et poursuivi par d’autres que les participants

L’abécédaire développe cette phénoménologie du débat numérique.

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Légende : L’abécédaire du débat numérique présente une phénoménologie du débat numérique.

Débat numérique

La palabre, le plaidoyer, la soutenance de thèse, les débats parlementaires, les débats d’un procès, les débats  des consultations publiques font partie des nombreuses formes de débats. La forme de débat que nous retiendrons ici est celle qui consiste à examiner contradictoirement quelque chose avec un ou plusieurs interlocuteurs. abcdaire26

Légende : Tous ont leur chaise, le débat n’exclut personne.

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Légende : le débat est l’occasion d’apprendre

Un débat est le produit d’une activité intellectuelle et sociale soumis à des règles  : 1) nul n’en est a priori exclu de la discussion. 2) tous les interlocuteurs peuvent également faire valoir, exprimer ou examiner toute affirmation. 3) Les conditions de la communication devant toujours être favorables à l’application de ces 2 règles.

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Légende : dans le débat, il y a les idées des autres mais aussi celles que l’on se surprend à émettre.

Un débat numérique est un débat utilisant le numérique comme support de communication.  Il augmente et différencie le nombre de participants en permettant des participations synchrones/asynchrones, en présence/à distance.

Les vertus espérées du débat sont de : transformer, nuancer, enrichir, construire une pensée en permettant aux interlocuteurs de passer de l’opinion -entendue ici au sens grec de la doxa : la croyance, le préjugé- à l’idée -le point de vue fondé en raison.

Le débat numérique doit  permettre de lutter plus efficacement contre les arguments erronés telles que les infox (fakes)  et les  entreprises de sabotage des débat par les trolls, mais surtout d’authentifier toute idée créative originale.

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Légende : les arguments des citoyens perdent leur contexte,  les jugements des parties prenantes en sélectionnent certains comme confirmés ou à confirmer  et relancent ainsi le débat des citoyens.

L’analyse des débats numérique relève du domaine des sciences humaines (sociologie, psychologie, sémiotique, pédagogie, linguistique, politique..), des sciences exactes (logique, mathématique, informatique …) tout autant que de la philosophie.

A vous la parole

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Manifeste du débat numérique

En informatique, un manifeste est un standard pour décrire  comment est organisé  un ensemble de textes et de vidéos concernant, par exemple, une compétition sportive.

En transport, un manifeste est  la description de la cargaison d’un bateau pour les douanes.

Le manifeste du débat  décrit un débat lors duquel les citoyens sont invités à donner et à discuter des idées en vue d’une prise de position qui guidera la décision finale des politiques.

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Légende : le manifeste  d’un débat numérique est, pour les débattants, un tableau descriptif des thèmes, questions,  thèses, et arguments qui sont repérables sur des textes et des vidéos.

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Légende : la phénoménologie du débat consiste à associer  des arguments, des thèmes, des questions, des thèses, à des annotations de représentations. Le rôle de la charte est de normer les interventions  des parties prenantes et animateurs pour qu’aucun des participants ne soient exclus et puissent intervenir librement.

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Légende  : Dans cet exemple de débat en classe, les textes sont des représentations- des moyens de mettre devant les yeux et l’esprit des idées- que vont discuter les élèves. Ces derniers prennent position sur les idées exposées dans les textes et argumentent leur prise de position.

Le texte qui initie le débat est une représentation et il se manifeste par sa trace écrite (document  dématérialisé). Une représentation est caractérisable par thème, question, thèse, argument. Une annotation est une représentation d’une représentation (du texte initial) et elle se manifeste par un document dématérialisé. Les annotations des annotations sont les représentations de représentation de représentation et se manifestent par un document.  Toutes les représentations, quelque soit leur degré, s’analysent par thème et question.
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Légende : La phénoménologie du débat est la description des contenus de débat  donc des représentations.  Cette phénoménologie doit être  validée par les participants au débat comme  étant  une description en bonne correspondance avec leurs contributions.

En savoir plus

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Le manifeste comme standard informatique

A vous la parole

Un manifeste du débat numérique éthique

Ceci n’est pas une pipe

Le tableau de Magritte est une représentation. « Ceci n’est pas une pipe » est une annotation destinée au public -partie prenante-  cet argument n’est pas confirmé car on ne sait pas quel est l’objet nommé « ceci » :  est-il une pipe ou le tableau?

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Légende : le manifeste du débat portant sur le tableau signale que l’objet dont on parle est à confirmer : la pipe ou le tableau.

Charte du débat numérique

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Légende Une charte du débat numérique réglemente les interventions des participants, des parties prenantes et des animateurs dans un débat.

Tout débat est régi par une charte  particulière qui doit appliquer des principes généraux   : 1) collégialité -nul n’est exclu-, 2) subsidiarité -tous peuvent s’exprimer-, 3) transparence du protocole appliqué pour obtenir 1) et 2) impliquant 4) le respect de la liberté et de la vie privée des acteurs.

Comme exemple de chartes de débats purement numériques, on dispose de celles régissant la rédaction d’articles de Wikipedia et  la rédaction de controverse par Controversciences.

A vous la parole

Les arguments des participants

Lors d’un débat, les participants profèrent des jugements sur des propos des autres.

Les participants à un débat attribuent une modalité à des arguments.

  • Ceux qui sont  pour une annotation s’opposent à ceux qui sont pas pour.
  • Ceux qui sont contre s’opposent à ceux qui  sont pas contre.
  • Ceux qui sont contre ne sont pas pour.
  • Ceux qui sont pour ne sont pas contre.
  • Ceux qui l’estiment discutable  n’est pas pour et pas contre.  
  • La négation structure les jugements. Les différentes  logiques se distinguent selon les propriétés de leur négation.

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Légende : la modalité discutable sert à faire émerger des propositions originales  par des discussions nouvelles venant de débattants nouveaux sur des thèmes classiquement discutés.

Pour en savoir plus  sur les aspects logiques :

Débats mouvants

Dans des débats en présence, la charte des débats mouvants consiste à demander aux participants de prendre des emplacements physiques qui indiquent  leur positionnement intellectuel et de changer de place quand leur jugement a été modifié par les arguments des autres participants. On voit concrètement le mouvement des idées.

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Légende : un débat mouvant montre le cheminement des pensées par le mouvement des idées.

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Légende : un débat mouvant (pour, contre) chacun tente d’attirer les autres par ses arguments.

Les  arguments des parties prenantes

Les parties prenantes d’un débat sont en autres, les scientifiques, les politiques, les citoyens, les administrateurs, les techniciens, les juristes.

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Dans un débat, certains arguments sont confirmés ou à confirmer pour une  même partie prenante qui disposent de deux manières indépendantes de les prouver. C’est ainsi qu’en science un résultat est confirmé quand une preuve expérimentale confirme une preuve formelle.

Dans un débat, quand certains arguments sont prouvés par une partie prenante alors  ils sont prouvés ou à prouver pour une autre. En science c’est le cas d’un résultat  interdisciplinaire. Les conflits d’intérêt  se signalent quand des parties prenantes s’allient frauduleusement pour confirmer ou déclarer à confirmer un  résultat.

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Légende : une hypostase est un type de résultat confirmé ou à confirmer.

Dans un manifeste, les hypostases servent à indexer la nature de débats concernant des arguments (confirmés ou à confirmer).

Un principe, un problème, un postulat, une donnée, un objet, une méthode…sont des types d’hypostases.

En savoir plus : Le débat ayant eu lieu  en janvier 2014 à Rochebrune  était un débat mouvant ayant pour thème : l’innovation vient–elle de l’interdisciplinarité ou du renforcement des disciplines fondamentales ?

Les Animateurs du débat

Les animateurs interviennent sur le débat pour l’initier, le relancer  le modérer, le faciliter. Ils n’interviennent pas dans le débat. Comme les arbitres de sport, ils  se servent de  signaux convenus pour intervenir sur le débat. Ils disposent des outils des réseaux sociaux pour notifier leurs interventions.

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Légende : les animateurs associent à des arguments une icône  :  nouvelle idée, troll, infox, à recadrer, à encadrer, à illustrer, mal reformulé.

Les Adéquations du débat numérique

La phénoménologie du débat vérifie une adéquation ontologique quand la charte du débat laisse à tous les participants la puissance de penser et la liberté de participer et qu’alors leurs participations sont enregistrées comme représentations.

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Légende : Les intervenants dans un débat ont en puissance la capacité d’intervenir. Ils agissent quand ils apportent leurs arguments au débat.

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Légende :Dans un débat, tu t’entends parfois dire des choses que tu ne savais pas penser. De là surgissent chez les participants des idées nouvelles.

L‘adéquation épistémique  se sert de preuves  pour transformer des croyances ou préjugés  de l’adéquation ontologique en raisons. Elle est produite par des parties prenantes (scientifiques, politiques, administratifs, juristes, techniciens, citoyens,…)  capables de confirmer ou de  déclarer à confirmer des idées venant des participants.ADEQ_EPISTEMIQUE

Légende  : les parties prenantes sont exercées à mener des preuves formelles et empiriques. Avec ces dernières, elles déclarent des idées comme confirmées ou à confirmer.

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Légende : Dans un débat, surgissent des idées qui sont confirmées ou à confirmer par des preuves réalisées par des parties prenantes.

 

 

Des articles de wikipedia contribuent à définir des usages de ces notions.

Pour ceux qui veulent s’investir  :

 Pamphlet : Infox et troll

Véronique Pinet, professeur de philosophie,  dresse le portrait de douze comportements, de parties prenantes : Citoyenspolitiquesscientifiquestechniciensadministrateursjuristes, individualiste, politicien,  scientifiste,  technocrate, administratif, légaliste selon qu’ils agissent en  faveur du bien commun ou qu’ils agissent pour défendre un intérêt privé.

 

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Légende : L’individualiste, le politicien, le scientifiste, le technocrate, l’administratif  légaliste sont des trolls empêchant la confirmation des idées. Ils peuvent se coaliser pour produire des infox.

L’individualiste n’est occupé que de lui-même et de ses proches, spontanément enclin à opposer l’intérêt général à l’intérêt privé.

Le citoyen sait qu’il est un être social dont la vie et le bien vivre dépendent aussi des autres membres de la collectivité et, qu’à long terme au moins, l’intérêt privé est servi par l’intérêt général.

Le politicien vise le pouvoir et l’exercice sans partage de sa volonté individuelle.

Le politique vise l’intérêt général et met sa volonté au service de la volonté générale.

Le politicien entretient l’opacité et le secret.

Le politique se fait un devoir de garantir la transparence de la res publica en ouvrant les débats et les dossiers, afin que chaque citoyen puisse jouer son rôle.

Le scientifiste garde jalousement ses connaissances pour s’assurer une domination sur des individus béatement admiratifs

Le scientifique met son savoir à disposition des citoyens parce que le savoir n’a de sens que s’il est partagé pour permettre les choix éclairés

Le scientifiste jargonne pour être sûr de ne s’adresser qu’à des pairs capables de comprendre la profondeur de ses points de vue.

Le scientifique s’efforce de rendre son propos clair et accessible parce qu’il ne considère pas les citoyens comme des déficients intellectuels indignes de ses connaissances.

Le technocrate se gargarise de théories et accumule avec application des colonnes de chiffres.

Le technicien s’efforce de ne pas oublier qu’au-delà des abstractions se trouvent les hommes.

Dans l’univers désincarné des technocrates, les espoirs et les angoisses des hommes ne sont que des aléas aisément dissimulables sous une cascade de verbiage.

Les techniciens ne sont pas des machines à appliquer des ordres, ils ne se coupent pas de la réalité sociale, ils entendent les requêtes des citoyens et ils adaptent les solutions aux changements.

L’administratif servile, obéit à la logique des formulaires et des intérêts hiérarchiques.

L’administrateur règle la vie de la collectivité avec humilité et humanité.

L’administratif gère des dossiers et des contraintes budgétaires dont la gravité et la nécessité ne peuvent qu’échapper au peuple immature.

L’administrateur s’occupe des membres de la société et redistribue les moyens en fonction des priorités décidées par les citoyens

Le légaliste sacralise l’institution et se fait le thuriféraire consciencieux du dogme.

Le juriste, contre l’inégalité économique et sociale, construit un cadre réglementaire valable pour tous.

Le légaliste s’abrite pompeusement derrière la sacro-sainte légalité pour justifier les injustices et les abus ;

Le juriste n’est pas un pragmatique amoral, il est le garant d’une droiture (qui n’est pas une rigidité).

Politiciens, scientifistes et légalistes s’acoquinent pour régner sur les citoyens.

Politiques, scientifiques et juristes se consultent pour gérer au mieux les problèmes sociétaux avec les citoyens.

Individualistes, administratif et technocrates se détournent du collectif pour ériger leur petite sphère privée en univers.

Citoyens, administrateurs et techniciens s’émancipent de l’égocentrisme en prenant la mesure de la nature générale des problèmes qu’ils affrontent et en cherchant ensemble des solutions avisées et efficaces pour tous.

Loi d’échelle des  débats sur les réseaux sociaux

Lors d’un débat, des participants en petit nombre initient un débat et ceux qui exposent des arguments sont moins nombreux que tous ceux qui ne formulent pas d’opinions.

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Légende : une loi d’échelle pour un débat comportant deux thèmes avec deux initiateurs, des participants et au moins 12 observateurs .

La distribution des participants vérifie une loi d’échelle. Celle-ci fixe des ordres de grandeur. Pour une loi d’échelle 90/9/1 :  quand  UN l’initie,  DIX participent et CENT observent. Cette règle s’observe quand les groupes sont supérieurs  à 12 personnes.

L’expérimentation symphonie planétaire illustre le fonctionnement d’une loi d’échelle lors de laquelle 3000 participants se divisent en initiateurs, ambassadeurs et auditeurs.

L’expérimentation Moustic09 illustre également le fonctionnement d’une loi d’échelle (300 invités, 40 observateurs aux débats, 1 participant).  Observons qu’un débat donne lieu à plusieurs sous-débats en parallèle. Le nombre de participants augmentent sans pour autant nécessairement changer la nature de la loi d’échelle. A Moustic 09, il y a eu deux ateliers  ayant chaque fois 10 participants différents.

On peut imaginer que des débats poussent en buissons, en arbustes selon leurs lois d’échelle.  L’objectif du débat numérique démocratique est d’éviter que le débat se développe une jungle  sous l’influence incontrôlée des réseaux sociaux.

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Légende : jungle des réseaux sociaux  abritant des trolls et des fakes.

Pour en savoir plus :

wikipedia  : Aspects  sociologique, mathématique, économique de la loi d’échelle des réseaux sont très bien documentés.

Idéosphère

La phénoménologie du débat numérique le situe  dans l’idéosphère.

L’idéosphère est constituée des manifestations (pour l’homme) de ce qu’il n’a pas créé, des représentations que l’homme se fait de ce qu’il n’a pas créé et de ses propres créations (qui se manifestent aussi et dont il a des représentations). 

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Légende  : L’idéosphère consiste en tout qui concerne l’homme en tant que sujet c’est à dire en tant qu’il n’est pas seulement un être vivant mais également un être pensant.  

L’homme est un être pensant parce qu’il est pourvu d’une conscience réfléchie c’est-à-dire qu’il a la capacité de savoir qu’il éprouve des sensations et des sentiments et qu’il pense. Cette conscience lui permet d’objectiver, c’est-à-dire de prendre comme objet de conscience, le monde et de s’objectiver. Ainsi, il est à la fois dans et devant le monde et son devenir par la médiation de sa conscience réfléchie.

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Légende : comment penser  ce qui est permanent, et les causes invisibles?

Contemplant le monde et lui-même, il s’interroge essentiellement sur les explications (causes et origines), la fonction et la finalité de ce qu’il voit. Il devient alors un être cognitif qui répond aux questions qu’il s’est posées sur les phénomènes naturels et sur ses propres comportements et engendre, de ce fait, le vaste domaine de la connaissance incluant de multiples domaines culturels, religieux, technologiques et scientifiques, philosophiques, politiques et juridiques.

Il est ainsi face aux conséquence de ses créations techniques capables d’influencer la chimie de la terre via la pollution et le réchauffement climatique. Il est aussi face aux conséquences de ses techniques sur la bio diversité  de la biosphère via les mutations génétiques et la pêche industrielle et l’agro-foresterie. Il est aussi face aux influences des technologies numériques sur nos propres comportements.

La technosphère sert pour les humains de miroir rationnel à l’idéosphère. Les dispositifs techniques  de la technosphère permettent de contempler dans toutes  leurs dimensions les plus petites et  les plus grandes les manifestations de l’univers et ses propres comportements.

Authentification de la créativité

L’activité économique de la société du numérique se cristallise autour des innovations. Il faut donc rechercher et trouver comment assurer une protection de la créativité individuelle afin d’en assurer la participation au dynamisme économique.

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Le notaire, ou un autre agent public, attesterait de l’identité du déposant, de sa volonté de protection. Il informerait le déposant de ses droits et obligations. Cependant cet agent ne pourrait pas attester que le déposant est bien l’inventeur de l’idée et de l’intérêt de l’invention. Seule une autorité déclarée (par exemple, un comité de thèse) permettrait cela ! On peut imaginer un dépôt simplifié de la créativité sans certification et donc sans coût par un dépôt quasi dématérialisé (pour encourager la créativité de tous).

On peut ensuite imaginer un dépôt en présence du notaire (dépôt simplifié) en vue de protéger une petite idée à exploiter. On peut ensuite imaginer une visite notariale au laboratoire récurrente afin de faire attester par une autorité compétente du niveau de qualification de l’idée.

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Ce dépôt entraînerait une formalité de publication par le notaire sur un fichier ouvert ou non au public (ce fichier étant destiné à assurer un minimum de révélation sur la créativité répertoriée). C’est la tenue de ce fichier (peut-être) « de droit immatériel  » qui constituerait une délégation de service public. Un autre critère devrait aussi être mis en place : celui du secret (curseur à faire varier entre secret et transparence : ex pour une œuvre artistique peu de secret alors que pour un futur brevet sensible il faudra un grand secret)!